Une révolution rituelle. Accompagner la crémation

François Michaud Nérard, éd. de l’Atelier 2012, 199 p.

La crémation connaît une expansion spectaculaire en France. D’un taux de 1 % en 1980, elle est passée à 30 % en 2010 et dépasse 70 % dans certains pays d’Europe. Si l’on interroge les Français sur ce qu’ils veulent pour leurs obsèques, la majorité souhaite une crémation et beaucoup désirent que leurs cendres soient dispersées. Pourquoi ce qui a toujours été la pire des indignités - brûler et ne pas avoir de sépulture - est-il devenu une norme sociale ? Quelles sont les motivations affichées ou implicites de ces choix ?
Après avoir expliqué en quoi les évolutions de la société actuelle bouleversent notre rapport à la mort, François Michaud Nérard montre comment la crémation constitue un escamotage du mort. Le futur défunt, qui décide pour la première fois dans l’histoire humaine du devenir de son cadavre, aspire avant tout à peser le moins possible après sa mort. Pourquoi ? C’est également lui qui détermine l’organisation de ses obsèques, avec une forte demande de simplicité, voire d’absence totale d’hommage. Mais est-il possible de concilier cette exigence de celui qui part avec les besoins de rites et de spiritualité de ceux qui restent ? Enfin, parce que la mort reste un tabou, rares sont ceux, notamment dans le monde politique, qui se saisissent des questions délicates posées par la crémation. Les professionnels "bricolent" alors dans le secret de leurs établissements des solutions à des problèmes éthiques qui concernent toute la société.
Très documenté, accessible, l’ouvrage de François Michaud Nérard répond à ces questions inédites qui touchent aux fondements mêmes de notre humanité.