Tu sanctifieras le jour du repos

Gérard Haddad et Didier Long, Salvator, 2012, 182 p.

Le shabbat est au coeur de la vie juive et il en est la spécificité. Commandement du Décalogue, cette célébration hebdomadaire affirme le dogme de la Création du monde et de la délivrance de l’esclavage, constituant ainsi une butée à la domination du maître et un appel à la liberté. C’est ce que montre le psychanalyste Gérard Haddad. Ainsi, un peuple d’esclaves affranchis a pu porter l’étendard de cette proclamation et créer la semaine de sept jours qui rythme toujours nos calendriers. Le shabbat contribue donc à la structuration symbolique du temps et de l’espace.

En contrepoint de cette Tradition juive immémoriale, l’historien du christianisme ancien Didier Long montre que Jésus était un juif gardien du shabbat. Tout comme ses disciples Pierre, Jacques, Paul. Cette mémoire et cette observance du shabbat se poursuivront jusqu’au Ve siècle, chez les chrétiens, en Orient. Avant que la fête romaine du jour du Soleil, transformée en dimanche, ne conduise les chrétiens à oublier le shabbat. Ne devraient-ils pas, demande D. Long, se souvenir à nouveau du shabbat  ?