Les anti-conciliaires - les lefebvristes à la reconquête de Rome

Giovanni Miccoli, Lessius, fév. 2014, 406 p.

Le pontificat de Benoît XVI a connu des tentatives répétées de réconciliation avec la fraternité Saint-Pie-X. Celles-ci ont culminé avec la révocation de l’excommunication des évêques ordonnés par Mgr Lefebvre. Ces ouvertures, qui aboutiront finalement à un échec, alimentent l’histoire tumultueuse des relations entre le Saint-Siège et la mouvance lefébvriste, une histoire faite de rencontres plus ou moins confidentielles, de déclarations enflammées ou apaisantes, de gestes forts de rupture également (suspense, excommunication...).

En s’appuyant sur une documentation abondante et peu connue, Giovanni Miccoli relit, avec grande rigueur et précision, ce demi-siècle de rebondissements, souvent inattendus, et en dégage les ressorts ecclésiologiques essentiels. Plus fondamentalement que les controverses sur la messe en langue vernaculaire ou sur l’habit ecclésiastique, c’est la réception du concile Vatican II qui est ici en jeu. Pour les lefébvristes, ce concile est contraire à « l’Église de toujours ». Pour Rome, il prend place dans la tradition bimillénaire de l’Église.

Cet ouvrage permet de mieux comprendre le monde traditionaliste, dans ses multiples ramifications. Il met aussi en évidence ce que l’attitude des papes, de Paul VI à Benoît XVI, révèle de leur compréhension de l’Église et des orientations qu’ils souhaitent lui donner. Une brève évocation des premiers pas du pape François, absente de l’édition originale italienne, conclut l’ouvrage. Le nouveau pontificat nous réserve probablement des surprises en la matière...