La traversée de l’en-bas

Maurice Bellet, Bayard, 2013, 154 p.

La dépression, la trahison, L’inavouable, la vie broyée, la déchéance, la folie, le meurtre, l’exclusion, la maladie : voilà l’en-bas. En chacun de nous, des portes dérobées donnent plus ou moins sur ces arrière-cours. Vivre se fait dans la traversée de ces abîmes où se défont beaux discours et belles spiritualités.

Il y a pourtant de l’humain dans ces régions-là. Et rêver de passer à côté ou au-dessus d’elles fait sortir de la condition humaine et mène au pire. En ces bas-fonds une création peut commencer et l’on devient proches les uns des autres. La grande tâche est d’éduquer des humains capables de supporter le chaos intérieur, la vie sans repères dans un paysage inconnu, la marche sans arrêt dans l’équilibre.

Désormais, le seul Dieu que nous pouvons supporter n’est pas celui des hauteurs mais celui qui descend dans l’en-bas. C’est là que doit advenir ce qui met fin à l’inhumain où nous sommes. Une parole, un geste, une lueur. Alors peut commencer la traversée de l’en-bas.

Voilà un livre décapant pour tenir dans les jours sombres, loin des marchands de bonheur.