Edith et Thérèse, la sainte et la pécheresse

Jacqueline Cartier et Hugues Vassal, éd. du Signe, 2012, 344 p.

Elles ne se rencontrèrent jamais car l’une disparut dix-huit ans avant la naissance de l’autre. Thérèse Martin se retira du monde à l’âge de dix-sept ans pour entrer au carmel de Lisieux où elle mourut de tuberculose, inconnue, à vingt-quatre ans. Elle est aujourd’hui vénérée comme l’une des plus grandes saintes des temps modernes. Édith Gassion, future Édith Piaf, après des débuts difficiles, connut sur les scènes du monde entier une gloire populaire, qui ne s’est pas démentie. Rien de plus dissemblable, donc, en apparence, que leurs destinées. Et pourtant, il n’est pas gratuit de chercher ce qui les a unies.

Femmes de coeur, l’une choisit la prière, la poésie et l’écriture pour célébrer l’amour divin, l’autre, la chanson et la poésie pour exalter l’amour profane. Toutes deux oeuvrèrent sans répit à sauver le meilleur en l’homme : la sainte se fit pêcheuse d’âmes, la pécheresse pêcheuse de talents. Mais le véritable lien qui les rassemble est mystique : la petite Édith, dont on n’avait pas encore fêté le sixième anniversaire, fut « miraculeusement » guérie de cécité après un pèlerinage sur la tombe de Thérèse. De là date chez Piaf une foi fervente, naïve, secrète mais chevillée au corps, qui lui fit adopter de nombreux ouvrages de la carmélite comme ses livres de chevet et vouer toute son existence à la dévotion thérésienne.

Un ouvrage très documenté qui retrace la vie de chacune de ces femmes d’exception et présente de la célèbre vedette un visage méconnu.