Aux côtés des pauvres, l’Eglise et la théologie de la libération

Gustavo Gutiérrez et Gerhard Ludwig Müller, Bayard, avril 2014, 223 p, 19.90€

Dans son « Message au monde », avant le Concile, le pape Jean XXIII rappelait que l’Église était « avant tout l’Église des pauvres ». Les premiers fruits de ces exhortations ont été les constitutions conciliaires Lumen gentium et Gaudium et spes. Ces impulsions du Concile se sont prolongées dans la théologie de la libération de l’Église d’Amérique latine.

Dans ce livre, ce sont deux grands théologiens, que tout pouvait opposer, qui s’entretiennent pendant plusieurs années sur cette approche théologique, considérée comme l’une des plus novatrices du XXe siècle : le célèbre théologien de la libération péruvien Gustavo Gutiérrez et le professeur de dogmatique munichois Gerhard Ludwig Müller, nommé en 2002 évêque de Regensburg (Ratisbonne).

Au-delà de leurs différences, ils défendent l’option préférentielle pour les pauvres et leurs droits. Pour eux, L’Église et la théologie doivent prendre conscience du fait que le clivage, de plus en plus profond, entre pauvres et riches n’est pas seulement une conséquence de situations économiques et sociales plus ou moins fortuites, mais l’expression d’un péché structurel qui contredit l’ordre de la création, et qui constitue, au bout du compte, un blasphème.